TEMPS PRIERE - Dimanche 15 novembre

Méditation sur la 1ère lecture du livre des proverbes : Pr 31, 10-13, 19-20, 30-31
Et de l’évangile : Matthieu 25, 14-30 (possibilité de télécharger les textes sur AELF)1

L’histoire d’une femme forte et d’un troisième homme

Qu’est-ce que Dieu ?

« La femme forte », la femme courageuse, qui donc peut la trouver ?

À lire ce passage du livre des proverbes, dans la 1ère lecture de ce dimanche, nous pourrions nous croire au café du commerce, ou sur la place du village, voir et entendre les hommes qui sont attablés et qui parlent entre eux. Tous plus « machos » les uns que les autres ils rêvent de la femme idéale…

Et ça parle, ça parle…

t3

Quel regard avons-nous sur Dieu ?

t3

Dans la parabole des talents, quel est le regard de ces hommes sur Dieu ?

Dans cette parabole, le 3ème homme est plus gêné par le don que Dieu fait aux deux autres, ce qui l’empêche de recevoir le talent que Dieu lui donne. Il ne le reçoit pas, il thésaurise, il est jaloux. Son regard n’est pas d’abord sur Dieu, mais sur les deux autres. Ce qui l’empêche de le rencontrer et qui l’oblige à se fabriquer, une image sur Dieu.

Or, dans cette parabole des talents, Dieu donne et il donne en abondance. Un talent, c’est énorme, 34 kg d’or ! Tout le regard de la parabole est porté sur ceux qui reçoivent ce don de Dieu, et qui en le recevant le font fructifier. Le troisième homme pense que ce qui a été donné ne vaut pas grand-chose à comparer aux autres ; il se referme, se replie.

Tout dans cette histoire nous parle de relations, de rencontres, sauf pour le dernier, qui enterre, s’enferme et tue la relation, avec lui-même, les autres, le Seigneur.

Mais où se situe cette rencontre avec un Dieu que l’on ne voit pas, que l’on n’entend pas ?

Ce lieu se situe à l’intérieur de l’homme. C’est là que Dieu y séjourne et nous donne rendez-vous.

Pour mieux comprendre, reprenons cette histoire de femme forte, courageuse, pourquoi ? Et qui est-ce ?

Il s’agit de quelqu’un… la Bible nous parle d’une personne et d’une expérience.

Elle est infiniment plus précieuse que les perles. Son mari peut avoir confiance en elle : au lieu de lui coûter, elle l’enrichira. Tous les jours de sa vie, elle lui épargne le malheur et lui donne le bonheur. Elle a fait provision de laine et de lin, et ses mains travaillent avec entrain. Sa main saisit la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau. Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main aux malheureux… La femme qui craint le Seigneur est seule digne de louanges. Reconnaissez les fruits de son travail : sur la place publique, on fera l’éloge de son activité.

Ce texte se trouve à la fin du livre des proverbes. Il s’agit d’un poème « alphabétique », où chaque vers, dans l’ordre, commence par une des lettres de l’alphabet hébreu.

De qui parle-t-il ? De la femme idéale ? D’une leçon à tirer ? Pourquoi l’auteur met-il autant de précaution et de solennité dans ce poème ? Pour mettre la femme en modèle, pour sa libération ?

NON ! La bible ne nous parle pas de ces femmes qui s’occupent du secours catholique, qui font des choses pour les autres, qui s’activent pour leur prochain, pour les plus pauvres.

Sinon nous serions encore sur la place du forum, du marché, en disant : « vous savez Mme une telle est bien dévouée, si vous savez tout ce qu’elle fait pour les autres ! »

NON !

La bible nous parle d’une relation en train de se tisser entre Dieu et son peuple. Cette rencontre est le sommet du livre des Proverbes. Ce rendez-vous de Dieu avec son peuple, se réalise, s’incarne au cœur même de l’être humain.

Il s’agit d’une expérience du Seigneur en train d’agir en nous, au milieu de nous. La femme forte, courageuse, c’est, je dirai, le côté féminin de Dieu à l’œuvre. Ce n’est donc pas de vous dont il s’agit, mesdames, mais de Lui, pardon, « d’Elle », cette présence, cette sagesse divine que nous laissons ou non opérer, agir. Ainsi le livre des proverbes ne nous dit pas qui est Dieu dans un regard extérieur, mais qui est-il agissant au milieu de nous, en nous. Et en réponse, l’homme reflet, image de Dieu, qui lui laisse le champ libre, sans entrave pour sa liberté.

On est loin alors du regard du troisième homme de la parabole, un regard à distance, tellement éloigné qu’il ne voit pas l’œuvre de Dieu. Le Seigneur est entièrement extérieur à lui, étranger, et même étrange. Il en a peur, il le trouve tellement dur, il le fuit. À la fin de cette parabole, Jésus évoque le jugement dernier, c’est-à-dire le regard de Dieu sur notre vie, sur notre personne. C’est ce même regard que le Seigneur attend de chacun d’entre nous, un regard qui se plaît à l’accueillir dans l’amour et à le partager avec les frères.

Régis Coste



Réalisé avec SPIP Contacter : Le webmaster , Informations paroissiales

Plan du site

- mis à jour le : mercredi 2 décembre 2020 -